LA STÉRÉOPHONIE
La mise en place d’un système stéréophonique a pour but de recréer une scène sonore virtuelle d’environ 180°.

Cette scène sonore « 3D » est obtenue par le croisement des sons émis par les deux enceintes orientées vers l’auditeur avec un angle d’environ 60°afin de recréer en un point précis (triangulation) l’illusion d’une scène 3D. (La hauteur d’assise est également importante).
On ne parle pas d’effet gauche / droite voulu au mixage. En effet, l’illusion de la scène sonore permet de positionner les artistes, instrumentistes dans l’espace et donner l’illusion de « vivre » un concert.
La mise en place des enceintes est primordiale et demande des heures d’essai, la position idéale ne se jouant qu’à quelques centimètres. L’illusion est d’autant plus perceptible que la définition des sons aigus sera de qualité et permettra de mieux « placer » les interprètes.
Pour déterminer la localisation d’un son, il est nécessaire d’entrer en contact avec lui. On constate que dans la nature certains sons, en fonction de leurs fréquences, sont plus facilement localisables que d’autres. Les sons graves vont être localisés avec une précision moindre qu’un son médium ou aigu.
En rappel, pour qu’une fréquence soit réfléchie ou absorbée par un obstacle (notre tête), il faut que les dimensions de cet obstacle soient égales ou supérieures à la longueur d’onde de la fréquence concernée.
Ex. : Pour une fréquence de 200 Hz dont la longueur d’onde est de 1.7 m (340 / 200), il est nécessaire que l’obstacle ait une dimension égale ou supérieure à 1.70 m sans quoi celui-ci n’existe pas pour cette fréquence.
Pour une fréquence de 10 000 Hz dont la longueur d’onde est de 340 / 10 000 = 3.4 cm, tout obstacle de plus de 3.4 cm va donc interférer sur la propagation de la fréquence. Ainsi, par ces deux exemples, nous constatons que dans le premier cas, la tête humaine ne représente en rien un obstacle, alors que dans le second cas, elle provoquera une sérieuse atténuation.
Cette localisation n’est possible que pour des fréquences supérieures à 2000 Hz. Au-dessous de celles-ci, l’effet de masque dû aux dimensions de la tête n’intervient pas.
Intervient également la notion de HRTF (head-related transfer function). L’être humain trouve des indices pour localiser la source sonore dans la transformation du son par une oreille (HTRF pour l’oreille droite et HTRF pour l’oreille gauche) et dans la différence entre les deux oreilles.
SCÈNE SONORE : langage
Un langage un peu particulier doit être assimilé afin de bien comprendre ce qu’il signifie et comment apprécier cette scène sonore. L’appréciation de la scène sonore est dépendante du mixage réalisé par l’ingénieur du son. Ces quelques notions permettent de se faire une idée de la qualité des enregistrements et de la qualité de la scène sonore.
La largeur : Un son large virtuel doit être dispatcher sur les deux canaux. À défaut, le son vient d’une enceinte et est dit réel, car il ne fait pas appel au jeu de la construction par le cerveau. Un son virtuel laisse donc place à l’imagination et ne donnera pas l’impression d’une écoute réalisée par des enceintes.
Le relief : Il faut distinguer profondeur et relief. La profondeur va situer le son (devant ou au fond), quant au relief il sera la différence entre le plan de devant et celui de derrière. Un son peut très bien être loin et n’avoir que peu de relief le son est plat, à l’inverse beaucoup de profondeur et un écart important donneront un beau relief d’image.
L’Équilibre spectral : est obtenu en ayant la même énergie pour les fréquences graves, médiums et aiguës.
L’équilibre dynamique : permet d’apprécier au mieux les nuances musicales. Cet équilibre peut être de niveau (volume sonore de plus en plus fort) comme pour le boléro de Ravel, ou de détail qui permet plus de nuances.
Les timbres : La manière de fabriquer ou de jouer un instrument définit le contenu harmonique qu’il génère. Sa position dans une salle, celle du micro qui l’enregistre et les qualités de la chaîne sonore l’affectent. Ces paramètres sont souvent trop confus pour être rationalisés.
Lorsqu’on compare la source sonore enregistrée avec le timbre de l’instrument réel, on fait une comparaison globale et subjective, fondée sur notre seule expérience d’écoute.
La construction d’un timbre dans sa richesse est reliée à des éléments de notre culture musicale et générale.
Les critères de définition : La séparation en timbre qui permet de bien dissocier les timbres et la transparence qui va du voile à la construction facile visuelle et du placement des instruments.
La précision, la richesse, la finesse avec laquelle le message sonore est transmis et reproduit qui traduira la quantité d’informations présente.
La nature du message, les conditions d’écoute et les caractéristiques perceptives de l’oreille déterminent la définition minimale du message. On se fixe des bornes (largeur spectrale, dynamique, redondance) de représentation de la scène sonore.
Dans le cas de messages complexes (orchestre + chœur + canon + cloche + orgue…), rendre audible toutes les sources peut s’avérer particulièrement difficile, le rendu sera plus « plat » que pour un quatuor par exemple.
La transparence traduit la justesse, la pureté, la fidélité des informations présentes dans le message sonore. Elle a pour conséquence la capacité à mettre en relation la scène sonore avec l’auditeur.
Elle traduit l’absence de perturbation ou d’élément déformant audible : impression d’un voile entre la scène sonore et l’auditeur,
L’intelligibilité : se caractérise par la perception du texte, littéraire ou musical. Elle dépend de la précision de l’interprétation, des équilibres de l’image sonore (construction, spectre, dosage son direct / son réfléchi) et de l’adaptation de sa dynamique aux contraintes.
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