LE LOCAL D’ÉCOUTE
À tout endroit correspond un bruit de fond associé (bruit ambiant), donc un niveau sonore minimal (exemple 35dB) sans aucune musique, le niveau de « silence » de la pièce.
Le bruit de fond du local d’écoute va dépendre des bruits perceptibles comme ceux de la rue, des pièces avoisinantes, des voisins…
En effet, l’écoute se fait dans la plupart des cas dans une pièce à vivre qui n’est pas prévue initialement avec une isolation phonique et un traitement spécifique pour l’audio. Les matériaux employés peuvent vibrer, les cloisons plus ou moins fines peuvent laisser passer des fréquences, des bruits, les fenêtres laisser entrer des nuisances sonores extérieures.
Dans une pièce très au calme, nous obtenons par exemple un niveau sonore de 25dB, alors qu’une autre moins paisible 35-40 dB. Cela implique que le niveau sonore d’écoute minimal doit dépasser ces valeurs pour être perçu afin de couvrir tous les bruits de fond.
D’où l’importance de travailler l’isolation phonique de sa pièce. Écouter une musique dont la plage dynamique serait de 40dB dans une pièce dont un bruit de fond serait de 40dB, imposerait une écoute assez forte ce qui peut pourrait poser des problèmes pour le voisinage, être très vite fatiguant, oblige à surdimensionner son amplificateur.
Un niveau sonore maximal peut être engendré par une volonté d’écoute forte, ou un besoin de réponse dynamique instantané.
Ce niveau peut également être limité par d’autres facteurs comme la famille, l’heure d’écoute et également par ce qu’il serait souhaitable de ne pas dépasser un certain seuil pour la santé auditive.
On le voit illustré par l’image ci-dessous, la durée d’écoute à un volume élevé 85/90dB ne devrait pas dépasser 1 à 2 heures dans la journée.
Une écoute modérée à 70/75dB permet de se faire plaisir et si les besoins musicaux le demandent, une pointe à 85/90dB est acceptable, car de très courte durée.

TYPE DE MUSIQUE ET NIVEAUX en DR
Comme nous l’avons abordé, écouter une musique à faible DR et à DR élevé apportera des contraintes différentes.
- Un DR bas, signifie que le niveau d’enregistrement est pratiquement constant et bien souvent proche de la limite de saturation.
- Un DR élevé, signifie que l’enregistrement comporte des nuances, plus de nuances et donc des niveaux acoustiques faibles et forts avec des écarts importants.
L’incidence sur l’amplificateur de puissance :
Un DR bas, 6 par exemple, signifie qu’à une puissance sonore moyenne la variation de 6dB va nécessiter 4 fois la puissance (doublement de puissance tous les 3dB). C’est-à-dire que si vous avez un besoin initial de 1 W par exemple, pour passer la crête l’amplificateur devra fournir 4W.
Un DR élevé 12 par exemple, va donc signifier que la variation va être beaucoup plus grande. Reprenons le cas précédent ou la puissance moyenne utilisée est de 1W, pour passer la crête l’amplificateur devra fournir 16W.
Dans le cas de musique classique, il est courant que le DR soit d’environ 18 ou plus. Toujours dans le même cas de figure, l’amplificateur devra fournir 64W pour un DR de 16.
Comme nous l’avons vu précédemment, la puissance de l’amplificateur sera donc à calculer en fonction des caractéristiques de l’enceinte, car les besoins en courant peuvent devenir vite très conséquents. La distance d’écoute est aussi importante puisque le doublement de distance fait perdre 6dB.
Écouter à 1m ou à 2m aura donc une forte incidence sur le choix de l’ampli. Entre 1m et 2m il faudra donc multiplier la puissance de l’amplificateur par 4.
LES ENCEINTES
Pour caractériser une enceinte, la norme impose que la sensibilité de l’enceinte soit indiquée et s’exprime en dB.
Il est injecté un bruit rose dans un amplificateur pour délivrer à l’enceinte une tension de 2,83 Vrms, cette tension va correspondre à une puissance de 1 Watt pour une enceinte ayant une impédance de 8ohms.
Un micro placé à 1m mesure donc la pression sonore (86, 88, 92, 96, 102…dB).
Une enceinte ayant une impédance de 4ohms aura besoin du double de puissance par rapport à une enceinte de 8ohms d’impédance.
Quelles sont les incidences de ces chiffres ?
- Une impédance faible demandera plus de puissance à l’amplificateur, enfin il faut prendre un ampli qui fournira la puissance nécessaire à l’impédance de l’enceinte
- Une sensibilité faible demandera également une puissance accrue,
- L’impédance d’une enceinte varie en fonction des fréquences, il est nécessaire de se renseigner sur la valeur la plus basse de celle-ci.
Quel choix ?
L’offre est absolument gigantesque. De 500€ à plusieurs centaines de milliers d’euro, enceintes HiFi, professionnelles, DIY, ou encore des colonnes, des bibliothèques, des caissons de basse …
Les critères de choix sont nombreux et il faut garder à l’esprit les notions de possibilités des enceintes et de votre local. Reproduire de grosses basses dans un local non traité, réverbant risquera d’amplifier les fréquences basses et donc masqués d’autres fréquences bouleversant l’équilibre tonal.
Trouver la bonne paire d’enceintes, faire le tri dans ses critères déterminants, en voici quelques-uns :
- Budget
- Lieu d’écoute
- Influence de l‘impédance et de la sensibilité sur l’amplificateur en stock / à acquérir
- Neuf VS Occasion
- Qualité de construction / durabilité
- Bibliothèques VS colonnes VS monitor
- Hifi ou pro ou DIY
Ces quelques critères permettent de réduire le champ des possibles. Deux conseils pour finaliser le choix :
- Ne pas prendre pour argent comptant les avis trouvés sur le net, ils n’engagent que les personnes qui les écrivent et pas plus
- Réaliser des écoutes comparatives
Le choix des enceintes aura donc une incidence non négligeable sur l’amplificateur comme on le verra dans les pages suivantes sur les besoins en puissance pour « passer » la dynamique.
L’AMPLIFICATEUR
Comme nous l’avons vu, le calcul de puissance d’un amplificateur va donc être dépendant de plusieurs facteurs : local, niveau d’écoute, enceintes, musique écoutée. Les quelques exemples ci-dessous permettent de se rendre compte que le choix de l’amplificateur est important pour que la musique que vous écouterez puisse s’exprimer correctement.
Simulation et résultats :
Enceinte de sensibilité 86 dB, impédance 6 ohms, une distance d’écoute de 2,50m, un niveau moyen de 80dB, un DR de 8 la puissance de l’amplificateur = 7 Watts
Enceinte de sensibilité 86 dB, impédance 6 ohms, une distance d’écoute de 2,50m, un niveau moyen de 80dB, un DR de 12 la puissance de l’amplificateur = 18 Watts
Enceinte de sensibilité 86 dB, impédance 4 ohms, une distance d’écoute de 2,50m, un niveau moyen de 80dB, un DR de 12 la puissance de l’amplificateur = 25 Watts
Enceinte de sensibilité 86 dB, impédance 6 ohms, une distance d’écoute de 2,50m, un niveau moyen de 80dB, un DR de 18 la puissance de l’amplificateur = 67 Watts
Enceinte de sensibilité 92 dB, impédance 6 ohms, une distance d’écoute de 2,50m, un niveau moyen de 75dB, un DR de 18 la puissance de l’amplificateur = 6 Watts
Ces chiffres théoriques sont à titre purement indicatif. Une impédance qui chuterait à 1 ohm imposerait un amplificateur plus puissant que prévu. Sachant que l’impédance fluctue énormément, prendre une puissance supérieure n’est pas un mauvais calcul.
CONCLUSIONS À PROPOS DE LA DYNAMIQUE
Le mélange des termes dynamique, plage dynamique …porte à confusion.
Dans un cas (comme les enceintes) il s’agit de leur capacité à reproduire un niveau sonore, alors que la dynamique d’un morceau de musique s’apparente aux nuances de niveau sonore.
On s’aperçoit qu’en fonction du lieu d’écoute la plage dynamique sera plus facilement entendue. Pour un niveau d’écoute identique, les sons les plus faibles ne seront pas masqués par un bruit de fond qui serait plus élevé.
La reproduction musicale à domicile est bien un tout qu’il faut prendre en considération à défaut de déceptions assurées.
Bien penser aux différents types de musiques, faire quelques relevés de niveau sonore à l’aide d’une application pour smartphone, voir par quels moyens il serait possible d’améliorer ce niveau…apportera nettement plus qu’un changement de câble onéreux tant que ces points ne sont pas réglés.
Comme nous l’avons vu, la plage dynamique en classique est importante et même si la compression de cette plage va permettre une écoute domestique plus viable, elle restera délicate de par ses niveaux de nuances.
L’arrivée de la musique HD, est également à considérer, nous y revenons plus tard.
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