Part 4 : La Capacité auditive humaine

Maintenant que nous en savons un peu plus sur le son, qu’en est-il de notre système auditif ! Il est  admis que l’être humain perçoit, à la naissance, les sons dont les fréquences sont comprises, dans la plus grande majorité des cas, entre 20 et 20 000 Hz. Cependant, cette largeur de bande perçue n’est réelle qu’à la naissance. Le vieillissement cause naturellement des pertes auditives dans les aigus qui se situent d’une manière générale de la manière suivante :

– 10 ans = 18 000Hz,

– 20 ans = 16 000Hz,

– 30 ans = 14 000Hz,

– 40 ans = 12 000Hz,

Cette diminution de perception des sons aigus, n’est pas du tout ou rien. Selon notre âge, nous continuons à percevoir les fréquences au deçà de ces limites, mais pour les entendre, leur intensité́ sonore devra être supérieure aux seuils auxquels nous les aurions perçues avant cet âge.

Des éléments extérieurs, comme les pollutions sonores auxquelles nous sommes soumis, altèrent également notre capacité auditive, tout comme des écoutes à volume sonore élevé et répété. 

Le son se propage à 360°, une note de 100Hz (3,4m de longueur d’onde) aura besoin d’une grande distance pour ne pas

L’oreille qui perçoit les vibrations de l’air n’est linéaire ni en fréquence ni en sensibilité. Cela signifie que nous avons une zone dans laquelle notre sensibilité est maximale et juste. Cette zone se situe entre 1-2000 et 3-4000Hz.

C’est dans cette plage de fréquence que nous percevons le mieux et que la puissance acoustique nécessaire est la moins importante.

Un son de 1kHz joué à 40dB (voir chapitre dynamique) sera perçu facilement, afin d’obtenir un ressenti identique pour un son de 30Hz il faudrait un niveau sonore de presque 80dB, pour un son de 10 kHz une puissance de 50dB. (Courbes de Fletcher et Munson)

Pour percevoir les fréquences aux extrêmes du spectre audible (de 20 et 20000 Hz), la pression acoustique doit être considérablement supérieure à celle nécessaire à 1000 Hz.

La non-linéarité de notre perception nous joue des tours : 

  • Plus la puissance acoustique augmente (pression acoustique), plus les fréquences < à 2 000 Hz vont nous sembler graves et à l’inverse les fréquences > à 2 000 Hz vont nous sembler aiguës. 
  • La durée d’un son nous fait interpréter différemment sa hauteur. Un son de 2000 Hz joué pendant 10 secondes et le même son joué pendant 0,5s, ce dernier sera perçu à une fréquence inférieure.

Nous avons vu que notre fiabilité auditive peut être troublée, d’autres facteurs induisent également des troubles ou de mauvais jugements :

L’intensité sonore nous induit en erreur sur la hauteur des notes, un niveau sonore plus soutenu améliore la sensibilité de l’oreille (ne pas confondre avec niveau très élevé engendrant des dégradations) 

Le masquage des notes graves sur des notes plus aiguës peut fausser notre jugement

La durée des notes modifie son rapport en hauteur

Deux instruments jouant une note d’une hauteur pratiquement équivalente peuvent induire une « fausse note » dans notre cerveau

Notre environnement d’écoute va induire des absorptions ou réverbérations d’ondes faussant également le jugement de notre perception. 

L’oreille n’est qu’un transmetteur, c’est notre cerveau qui entend.

Comme pour tout ce que nous apprenons et découvrons au fil des années, notre cerveau enregistre des références. Tout ce que nous faisons fait appel à ces références et le cerveau les enrichit des nouveautés. 

En audio, le principe est identique. Nous devons éduquer notre cerveau, effectuer des exercices de perception, d’attention et d’écoute globale.

Nous sommes capables de séparer des bruits d’une conversation pour mieux entendre les convives, un joueur de guitare sera accordé son instrument sans problème, tout n’est question que de référence et d’apprentissage.

Commencer simplement avec quelques notes et porter toute son attention sur ces notes pour qu’elles soient intégrées et fassent partie de votre « base de données référencées ». Puis jouer deux notes ensembles en se concentrant pour bien les distinguer, puis trois notes, puis une même note avec deux instruments…

Procéder doucement et à répétition sur plusieurs jours. Faire des exercices simples en écoutant un morceau de musique connu, mais en portant une attention particulière sur les notes graves, puis sur les notes aiguës, puis pour essayer de distinguer le nombre d’instruments et enfin écouter l’ensemble de nouveau sans penser à rien, juste pour le plaisir soudainement augmenté.

 Ces exercices seront précieux pour comprendre la description de la scène construite par un système de reproduction sonore.

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